Vis ma vie de photographe de mariage

Samedi 28 avril, une grande première pour moi, j’ai joué à la photographe de mariage !Enfin pour être plus précise j’ai joué à l’assistante ou au second shooter de mariage qui essaie de se faire la plus discrète possible pour ne pas malencontreusement apparaître dans le fond d’une photo ou déranger qui que ce soit.

Photo Studio Cabrelli

Qu’est-ce qui m’a pris, moi qui ne maîtrise absolument pas la photo ? Qui sait tout juste faire « clic » avec mon doigt sur le gros bouton ? Serais-je en train de chercher une reconversion ?
A priori non, même si cette journée m’a beaucoup plu et que je me suis bien amusée à ce détail près que j’ai sorti moins de 5 photos potables sur 700 « clics sur le gros bouton ».

Tout est parti d’une conversation avec Maria Cabrelli, photographe de mariage de référence. Au détour d’une conversation, donc, je lui disais n’avoir jamais assisté à un mariage comme ils en photographient souvent :  parisien, avec wedding planner, grand hotel, invités étrangers, chic-chic-chic, donc. Ni une ni deux , elle me propose de devenir stagiaire pour une journée. Évidemment j’ai sauté sur l’occasion de découvrir à la fois ce type de mariage et le travail de photographe.

Samedi 28 avril 9h : le grand jour est arrivé, je me prépare pour la journée. Je suis les recommandations de Maria, je m’habille confortable et de couleur sombre. Avantage n°1 : je peux me mettre dans toutes les positions, couchées s’il le faut pour avoir le meilleur angle possible. Avantage n°2 : aucune chance de me confondre avec un invité comme ça on me laisse un peu de place pour prendre des photos. Il faut croire que j’ai la dégaine du photographe car Maria en fin de journée me regardera et me dira « t’es crédible ! ». La consécration.

10h : Façon rentrée des classes, je suis prête avec quasiment une heure d’avance. Bon, ok, j’aurais pu en profiter pour imprimer le planning de la journée et charger mon iPhone. Débutante, va. Au lieu de ça,  je propose à Maria de passer la chercher pour faire le trajet ensemble.

11h30 : un café près de la place des Vosges où nous avons rendez vous à 13h avec le marié, qui déjeune avec ses groomsmen dans un grand restaurant. Maria en profite pour jeter un œil sur mon appareil photo, un reflex  dont je suis très contente  même si je ne sais pas m’en servir. Elle le manipule un peu et le trouve très bien. Je suis très fière de moi et surtout du choix du groom qui s’est farci tous les comparatifs, les magazines et a demandé plein de conseils à son collègue super photographe avant de choisir celui là. Moi je le trouve hyper classe, très pro, surtout avec son gros zoom, et je me trouve hyper crédible quand je l’ai dans les mains.

11h40, Maria sort son propre appareil.

11h40 : ok, je suis donc je suis parfaitement ridicule avec mon boitier riquiqui.

13h : après quelques conseils techniques pour m’aider à shooter cette journée au mieux (« fait tout en automatique sans flash, ce sera plus simple »), nous voici devant le restaurant. Nous entrons, nous présentons au maître d’hotel puis au marié et à ses amis. Je serre des mains et trouve super drôle d’être présentée comme l’assistante de la photographe, je trouve ça très classe. J’avais très peur de ne pas me sentir à ma place, d’être gauche, mais bizarrement avoir un boitier entre les mains me donne suffisamment de contenance pour ne pas me sentir mal à l’aise.

13h10 : être à l’aise ne m’empêche pas d’être totalement incapable de faire une photo correcte. La lumière tamisée, la table ronde où au moins un convive me tourne forcément le dos, le marié qui bouge tout le temps, l’impossibilité de grimper sur la table des autres clients (pfff, quel conformisme dans ces grands restaurants !) rendent l’exercice particulièrement ardu.

13h15 : je fais de ravissantes photos de fleurs dans un petit salon désert. Le lustre aussi, rend bien.

13h20 : Pendant ce temps, Maria tourne autour de la table, se faufile partout, efficace et discrète (autant qu’on peut être discret dans un salon de 30m2 en photographiant la table qui est en plein milieu, entourée d’autres clients).

13h40 : ça ne loupe pas, le maître d’hotel nous demande gentiment de terminer rapidement car nous gênons les autres clients, ce que je veux bien croire.

13h50 : après quelques minutes d’attente, les messieurs sortent du restaurant et prennent la pose pour Maria devant l’entrée. Je fais aussi quelques clichés, là au moins, j’ai assez de lumière pour faire des photos nettes.

14h : Après quelques photos des préparatifs du marié chez un ami, nous rejoignons un grand hôtel parisien pour y retrouver la mariée qui s’y prépare. Là encore, étrangement peu de stress, je ne me reconnais pas. le fait que les mariés soient gentils et souriants qet qu’ils ne s’intéressent pas à moi (logique !) m’aide, j’arrive à me fondre dans le décor.

14h02 : L’endroit est superbe. Très classe forcément. On nous indique le numéro de la chambre, nous parcourons les couloirs en foulant  une moquette plus épaisse que ma couette.

14h03 : Nous pénétrons dans la chambre, accueillies par Nancy, la wedding planner de Fêtes in France. Les bridesmaid, les parents de la mariée sont là, et la mariée est en train d’être coiffée dans la salle de bain. Qu’elle est jolie ! Une peau magnifique, un sourire éclatant, un maquillage très simple, un joli chignon flou, c’est une très très jolie mariée.

La robe est sur un cintre, une merveille de broderies et de tulle. Les chaussures attendent sagement dans leur boite, des Manolo Blanhik argentées. De magnifiques boucles d’oreille en perle et diamants patientent sur la commode. Pas de doute, cette mariée sera très, très classe.

Les préparatifs sont des moments importants, qu’il ne faut pas rater, comme tout le reste du mariage. La coiffure, l’enfilage de la robe, les regards émus des parents, les sourires et les éclats de rire sont de précieux moments à saisir au vol. Maria ne donne pratiquement  aucun consigne tant que la mariée n’est pas entièrement habillée (à ce moment là, il y aura quelques photos posées avec les proches et des portraits de la mariée). Elle se contente d’être là, attentive et présente, discrète mais sachant prendre exactement la place qu’il faut, quitte à se faufiler dans un recoin de la salle de bain, quasiment sans bruit. Réussir à se faire oublier, à trois dans une salle de bain avec un appareil photo gros comme une boite à chaussure (en 4 fois plus lourd !) dans les mains, moi je dis chapeau.

Celle-là, c’est môa qui l’ai faite !

De mon côté j’ai encore le même problème de lumière qui fait que mes photos sont floues. Se faire oublier veut dire ne pas mettre son flash, sous aucun prétexte. Et de toute façon, un flash comme le mien rend les gens moches et aveugles c’est donc hors de question. En plus je dois faire très attention avec les glaces présentes dans la salle de bain et la chambre à ne pas apparaître sur les photos. Je parviens tout de même à prendre une ou deux photos sympas de la mariée et une de sa maman qui la regarde dans sa jolie robe. Pleines de « bruit », mais sympas.

15h30 : nous sommes à l’église, tout le monde est en place et attend l’entrée de la mariée. Je me dit que je vais me concentrer sur le marié, pour essayer d’avoir son expression quand il la verra  pour la première fois. J’ai tellement regretté de ne pas avoir de photo de mon marié à moi à ce moment là que j’en fais ma mission.Comme il y a peu de luminosité, je ne peux pas trop zoomer du coup je suis trop loin pour voir clairement l’expression du marié. Je guette, je guette, je le prends en photos un peu au pif en attendant qu’elle arrive. Je me tourne vers l’entrée, je vois qu’on ferme les portes. Je m’interroge un peu quand je me rend compte que pendant qu’elle entrait je regardais le marié, donc je ne l’ai pas vue, forcément.  Bon, j’espère que j’ai fait clic sur le gros bouton bon moment.

15h45 : Je passe d’un côté de l’église à l’autre, prenant toujours garde de ne gêner personne et de ne pas me retrouver dans le champ. Je prends plein de photos que je crois géniales, espérant aussi secrètement que je pourrai dire négligemment à Maria ensuite « ah, tu n’as pas eu les parents ? t’inquiète, regarde, j’étais là ».  Je découvrirai très vite que !!# !?! de luminosité oblige, mes photos sont toutes floues et que  Maria a photographié tout mes trucs géniaux, mais en mieux. Mon égo se remet doucement, merci pour lui.

Ma photo préférée du jour !

17h Maria part avec les jeunes mariés faire des photos dans Paris, pendant que les invités partent visiter la capitale en bus (je note cette excellente solution pour que les wedding planner aient deux heures tranquilles pour mettre la main aux derniers détails, malin, très malin !)
J’accompagne Nancy sur le lieu de la réception, c’est à dire au Chalet des îles le bois de Boulogne. Le temps est excécrable, comme il l’a été toute la journée, ce qui n’a pas altéré la bonne humeur des mariés heureusement.
Victoire ! Pour la première fois de la journée, je peux faire des photos de choses qui ont la bonne idée de ne pas bouger et qui sont suffisamment éclairées.  Youhou ! je prends donc les premières photos nettes du jour : le buffet et les tables. Bon, mon cadrage laisse à désirer et on repassera pour la profondeur de champ mais au moins elles sont nettes et ce n’est pas trop tôt.

Photo the bride next door

19h : les invités puis les mariés arrivent pour le cocktail. Nous faisons quelques photos d’ambiance, des portraits de gens qui discutent. Les photos de Maria sont saisies sur le vif, avec de belles expressions et de chouettes moments de joie et de complicité. Sur les miennes, les gens ont la bouche pleine, tournent la tête au dernier moment, font la grimace. Mon absence de maîtrse de la profondeur de champs m’empêche d’avoir des arrière plans flou. Vive les baffles, les gens de dos, le vestiaire dans le fond…

19h45 : je ne suis que douleur de la pointe des pieds jusqu’au milieu du dos. J’ai piétiné toute la journée, me suis penchée à droite, à gauche, en avant, en arrière, j’ai porté mon sac photo, bref, je suis une loque. Maria qui porte en permanence un appareil deux fois plus lourd que le mien dans la main et un autre à l’épaule, plus un sac qui fait 10 bons kilos semble plutôt en forme. Question d’habitude sans doute (non, ce n’est absolument pas parce que je suis musclée comme un fromage blanc). Je craque et je l’abandonne à ce moment là (il n’était de toutes façons pas prévu que j’assiste au repas). je ne rêve que d’une chose : plonger mon corps endolori dans un bain brûlant. Ce qui serait  une très bonne idée si seulement j’avais une baignoire. Je me contenterai d’une bonne douche et d’une grosse nuit de sommeil.

Pour conclure cette expérience, ce n’est pas une surprise mais photographe de mariage c’est un VRAI boulot très fatiguant ! J’ai vraiment aimé tenter de capturer les moments importants, les expressions des gens, les émotions mais quelle frustration de n’avoir rien sorti de vraiment chouette !

Bon, la conclusion de la conclusion s’impose d’elle même : j’apprends à faire des photos correctes et je recommence !

Allez, quelques photos de Maria pour vous montrer à quoi ça ressemblait en vrai. Le reportage est sur le blog du Studio Cabrelli.

Organisation : Fêtes in France – Lieu : Chalet des îles – Photo : Studio Cabrelli

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19 réflexions au sujet de « Vis ma vie de photographe de mariage »

  1. J’ai adoré ton article, il m’a fait beaucoup rire !!! Au moins cela montre qu’il est difficile de s’improviser photographe de mariage, et qu’il est toujours bon de commencer en second shooter ! Donc au passage, merci les pros qui acceptent gentillement un secong photographe avec eux !

  2. ça doit être une sacré expérience effectivement, j’ai beaucoup ri et ton article illustre parfaitement les raisons pour lesquelles un photographe pro c’est important!

  3. Un bonheur de te lire, comme d’hab ! Mais là, ça me rappelle de très très bons souvenirs, et je serais presque nostalgique :)
    Bravo à toi de t’être lancée, et merci à Maria !

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  5. Super article! Ravie pour ton experience et cet essais qui a pu se réaliser. Tu raconte bien l’esprit et la realite du travail d’un photographe car effectivement c’est un vrai travail qui demande de la rigueur et un minimum de resultat. Un mariage est une vraie responsabilité!

  6. Assister Maria, on a vu pire comme expérience !
    Génial ton article, c’est exactement ça, mais maintenant il reste encore du travail, trier, traiter, finaliser l’album..Et ça, c’est encore du gros boulot !

  7. Merci pour cet article « vis ma vie » ! Peu de gens savent ce qu’est vraiment notre métier, photographe de mariage. Alors encore un grand merci pour avoir osé faire l’expérience (en plus avec une des meilleures photographes de Paris, trop jalouse :p) et de nous la faire partager sur ton blog !

    • moi aussi j’avais les jetons mais avoir un boitier dans le mains aide vraiment et surtout, personne ne fait vraiment attention à toi, et ça, c’est très pratique !
      mais moi, je n’avais pas la pression de faire de « vraies » photos, ça aide aussi ! 😉

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