Adeline & Florent, vrai mariage… costumé !

Décidément cette semaine est une bonne semaine ! Après un super concours lundi, le lancement d’une nouvelle rubrique spéciale « Grooms » hier, voici un mariage pas comme les autres, un mariage déguisé costumé !

J’avais découvert une ou deux images de ce mariage en visitant le site de Pauline Franque que je vous avais présentée dans cet article sur son travail. Forcément c’est le genre de chose qui m’a interpellée, moi la grande adepte des mariages qui se moquent des conventions.

Pour autant, même si je prône la totale liberté en matière de mariage, j’avoue que mon « moi conventionnel » reprend parfois le dessus et il est une limite que j’aurais du mal à franchir : celle du mariage déguisé. C’est un des rares trucs qui me fait dire « ça fait pas mariage » (argh, Nicole, sort de mon corps !) Jusqu’ici je trouvais que se marier en short, si on en avait envie c’était très bien, mais déguisé, non.

Adeline et Florent m’ont réconciliée avec l’idée du mariage non pas déguisé (se marier en Maya l’abeille ou en Casimir, ce n’est toujours pas mon truc) mais costumé. Adeline le résume très bien, elle voulait un mariage « décalé, déluré et très festif » en évitant « l’effet carnaval de Dunkerque ». Voilà, je crois que c’est exactement ça ma limite à moi aussi « l’effet carnaval de Dunkerque » !

Cela dit je n’ai rien contre le carnaval de Dunkerque en soi, entendons nous bien !

Un mariage pas comme les autres, à l’image des mariés, préparé intelligemment pour que tout le monde soit à l’aise et au final, un effet inattendu du costume, que je vous laisse découvrir dans le témoignage d’Adeline.

Il y a encore peu de temps, nous ne voulions pas nous marier. On trouvait ça ringard. En participant aux mariages d’amis, on s’est dit qu’après tout, ce pourrait être une belle fête. Mais nous voulions tout sauf un mariage traditionnel. Le thème choisi fut « Regressons ». Nous avons demandé aux invités de se parer d’un costume historique en les laissant choisir une période entre la préhistoire aux années 1950. L’idée était de faire un mariage décalé, déluré et très festif. Ce thème permettait aux plus extravertis de s’éclater et aux plus réticents de choisir un costume sobre.
Ce thème comportait des risques. Nous voulions éviter l »effet « Carnaval de Dunkerque » ou à l’inverse, un côté aristocratique pédant. Le plus difficile était donc de faire passer l’esprit baroque/décalé que nous recherchions. Pour cela, nous avons fabriqué un faire part « flip book » (petit livret à feuilleter avec le pouce qui donne l’effet d’un film grâce à une succession de photos). Dans ce « faire-book », on s’était amusé à animer nos têtes sur des dessins de costumes loufoques. Sur les 30 pages verso du livret, nous avons pu détaillé les infos pratiques pour rassurer les invités.

 

Quand nous avons lancé le thème aux proches, nous avons senti quelques réticences « Pfff… un mariage déguisé, n’importe quoi ! ». Mais comme ils nous connaissent, ça ne les a pas tant étonné. La famille nous a suivi. Certains ont un peu galéré à trouver leur costume. Mais au final, ça a bien fait rire tout le monde. Les invités m’ont dit que ça a permis de mettre moins de distance entre eux. Beaucoup de personnes ne se connaissaient pas, mais l’anonymat du costume facilite les échanges.

Pour contraster avec le côté historique, nous avons choisi une déco noire et vert fluo. Nappes noires, chandeliers et sets de table verts fluos. Aux murs étaient accrochées des photos et tapisseries représentants des mariés du début du siècle ou des images d’épinal détournées.


* La pluie ininterrompue ! Nous n’avons pas eu de chance de ce côté là, c’était l’horreur. Nous ne nous imaginons pas un tel déluge, surtout pour le vin d’honneur. Heureusement que nous avions misé beaucoup sur l’animation, sinon, tout le monde n’aurait retenu que ça.

Il y a eu le cortège jusqu’à la mairie dans une chaise à porteur et un pousse-pousse, la cérémonie paienne décalée en chanson, un bar à huître et à ambiance, la super animation de mon beau-père, le méga concert d’un groupe de bal de reprises en « yaourt polonais ».Et puis il y a eu le lendemain, avec un rayon de soleil, une ultra carbonnade frite préparée par les copains, et on a chanté toute la journée…

mariage rétro

Personnellement, j’ai eu du mal à réaliser ce qui se passait sur le moment alors je m’aide des photos pour reconstituer.

Je me rappelle d’un moment sympa où on s’était isolé avec mon mari pour changer de tenue (nous avons porté 3 costumes qui régressaient dans les âges au fur et à mesure du mariage). Nous étions donc de l’autre côté de la salle, ma belle soeur nous bichonnait en nous apportant des boissons et des cigarettes, et j’ai entendu de loin l’ambiance qui régnait dans la salle. Tout le monde se mettait à table, il y avait un brouhaha de rires, de discussions et de verres qui claquent. Ca nous a fait chaud au coeur, on a senti qu’il y avait vraiment une bonne ambiance.


Il faut n’en faire qu’à sa tête! Je crois que les invités aiment quand ils voient que les mariés s’éclatent. Ca ne sert à rien d’essayer de plaire à tout le monde, ce n’est pas possible. Alors tant pis si Mamie Ginette trouve que ce n’est pas assez traditionnel. L’important, c’est que le mariage ressemble aux mariés.

   

Un immense merci à Adeline et Florent, plutôt discrets, qui ont accepté de partager avec nous quelques photos de leur mariage. J’ai bien compris que la démarche n’était pas très évidente pour eux, je les remercie d’autant plus d’avoir accepté. Un merci particulier à Adeline pour son témoignage. Beaucoup de bonheur à vous deux !

Merci également à Pauline Franque pour ses clichés !

Lettre aux futurs mariés… (et à Nicole)

Depuis le début de ce blog, je vous ai montré des mariages différents, j’ai rédigé des articles sur beaucoup de sujets, j’ai présenté des robes de mariée, de la décoration de mariage, des chaussures. Je vous ai montré des mariages au bord de la mer, des mariages dans des châteaux et des manoirs, mais aussi des mariages à la maison ou sous un chapiteau. Je vous ai montré des cérémonies dehors et des cérémonies dedans et parfois pas de cérémonie du tout. Je vous ai aussi montré un mariage avec 2 invités et un  mariage participatif*, lequel a été le plus gros succès de l’histoire du blog en terme de nombre de lecteurs.

Après avoir publié tous ces mariage, après en avoir vu environ 250.000 sur les blogs des autres, après maintenant deux ans et demi à m’intéresser au sujet, ma préparation de mariage incluse, s’il y a bien une chose que j’ai envie de défendre par dessus tout, c’est qu’en matière de mariage la seule règle qui devrait compter c’est de pouvoir se marier COMME ON VEUT. Avec 40.000 euros ou 500, avec 2 invités ou 300, avec une robe Vera Wang ou une robe Zara, ça n’a strictement aucune importance, tant que le mariage correspond aux mariés (et à leur budget).

A la suite de la (re)diffusion de mon article  « Comment se marier avec un tout petit budget« , j’ai été critiquée sur ma page facebook par Nicole (le prénom a été changé comme ils disent dans les journaux), une prestataire de mariage qui m’a accusée de tromper les futurs mariés parce que je leur disais que dépenser + de 10.000 euros pour se marier n’était pas une fatalité. Pour Nicole, impossible d’y couper, un « vrai mariage » coûte forcément cher, c’est comme ça, point barre.

Cette discussion animée m’a interpellée car,  sans doute parce que nos familles sont très compréhensives, parce que nous savons n’en faire à notre tête, parce que nous n’avions plus 25 ans quand nous nous sommes mariés, et parce que je baigne depuis l’ouverture de ce blog dans une certaine liberté vis à vis du mariage (célébrations laïques à l’extérieur, thèmes ludiques, repas informels),  j’avais oublié à quel point pour certaines personnes le mariage est avant tout un évènement social, qui répond à des codes extrêmement précis, auxquel on ne peut pas déroger, sans quoi « ce n’est pas un mariage ».

(oui, cette phrase fait 6 lignes, je vous laisse la relire tranquillement)

Nicole m’a clairement indiqué que ce que je suggérais comme solution dans mon article sur les tous petits budgets (organiser un goûter, faire un pique nique,se marier chez soi, demander aux gens d’apporter à manger etc… ) c’était « une kermesse et pas un mariage ».
Autant vous dire que me faire traiter de kermesse, ça ne m’a pas déplu,  mais j’ai bien compris au ton que ce n’était pas très amical et plutôt méprisant.

La buvette de notre mariage

Cette mésaventure m’a donné envie de m’adresser à tous les futurs mariés qui me lisent (et aux passage à toutes les Nicoles) et les inviter à ne jamais perdre de vue que pour se marier,  il faut  :

– 1 officier d’état civil, deux personnes de sexe opposé (pour le moment) consentantes et deux témoins. Point Barre pour la partie administrative.

– aimer son partenaire (ça me semble mieux) et avoir envie de s’engager avec lui. Point barre pour la partie sentimentale.

N’en déplaise à ceux pour qui il est impossible de ne pas dépenser 15.000€ pour se marier, tout ça me semble parfaitement gratuit. TOUT le reste est au mieux, de l’envie, au pire de la convention, mais en aucun cas une obligation. Ce sont les seuls éléments sur lesquels on n’a pas le choix. tout le reste relève de la liberté de chacun.

Non, pour se marier, il ne FAUT pas inviter toutes ses connaissances et relations et celles de ses parents. Non, pour se marier, il ne FAUT pas un repas assis avec un traiteur et un menu de mariage avec trois plats. Non pour se marier il ne FAUT pas des dragées, une voiture décorée, des housses de chaises, un bouquet à 50€. Il ne FAUT même pas d’alliance ni de robe blanche. Ni verte, ni bleue, d’ailleurs. (En revanche il faut quand même être habillé, la mairie n’accepte pas les nudistes).

Ce que j’ai envie de dire à Nicole et à tous les autres qui pensent comme elle c’est que oui, se marier de façon traditionnelle coûte cher, c’est évident. Mais tout est dans le « de façon tradtionnelle », ce qui n’est PAS une obligation, je persiste et signe.

Cela dit, je ne suis pas complètement naïve et je sais bien que le poids de la tradition, la pression des familles, les rêves de petites filles (et plus rarement de petits garçons), tout cela existe et on est bien souvent obligé de composer avec.

Moi même, j’avoue avoir fait un mariage plus traditionnel que ce que nous avions envisagé au départ : certes nous avons fait une après midi plutôt kermesse (n’en déplaise à Nicole), avec pièce de théâtre, jeux, etc… mais dans la version originale, il n’y avait pas vraiment de repas assis, plutôt un stand grillades, des tables disséminées un peu partout.

Oui, Nicole, cette photo a été prise pendant mon mariage.

Mais je suis revenue à une formule plus classique (au grand désespoir du Groom d’ailleurs). Pourquoi ? parce que je n’ai pas osé tout bousculer. J’envie franchement ceux qui osent le faire et si je me mariais maintenant je pense que j’irai plus facilement jusqu’au bout (ne serait-ce que parce que maintenant que je suis devenue la référence familiale en matière de mariage plus personne n’oserait me prendre pour une dingue, ou plutôt si mais ils n’oseraient rien dire, gniark gniark).
Il est évident que si vous voulez vous marier autrement vous allez essuyer des incompréhensions, voire de la désapprobation de la part de toutes les Nicoles du monde.

Je ne vous pousse pas à vous fâcher avec toute votre famille, non plus. Je vous encourage simplement à faire selon vos moyens pour résister à ceux qui conservent une conception étroite de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas. Essayez de garder à l’esprit  que tout ce qui entoure le mariage n’est qu’une histoire de conventions et que le plus important c’est de vous unir à l’homme ou la femme de votre vie, le reste, c’est de la fioriture. Et cette fioriture, c’est VOUS qui décidez à quoi elle doit ressembler.

Pour en revenir aux basiques, je vous invite à (re)lire l’article Un mariage peut il faire mariage sans robe blanche, sans traiteur et sans pièce montée ? dans lequel j’essayais de repérer les quelques éléments sur lequels appuyer pour faire un mariage sans les codes du genre mais « qui fasse mariage quand même ». Je vous invite aussi à courir voir le joli mariage d’Audrey et Frédéric publié récemment sur Un Beau Jour. Il est la parfaite illustration de ce que je viens d’écrire et je pense que les photos parlent d’elles même : tout le monde semble très heureux et gardera sans un doute un merveilleux souvenir de cette journée, invités comme mariés. Je vous invite aussi à revenir ici demain pour un joli mariage différent.

Je continuerai sur ce blog à vous montrer de beaux mariages bourrés de déco, des mariées en jolies robe chères, photographiées par des photographes professionnels, parce que ça aussi, ce sont des mariage. Mais je continuerai aussi à crier haut et fort que si on veut se marier entre deux témoins sur la plage, photographié par son cousin, on peut le faire aussi, et qu’on sera tout mariés pareil, et je vous montrerai ce type de mariage. Et je vous invite à m’écrire si vous voulez partager votre mariage, quand bien même vous n’auriez pas fait comme tout le monde et SURTOUT si vous n’avez pas fait comme tout le monde.

Allez, sans rancune Nicole.

*pour info / rappel, un mariage participatif est un mariage où les invités apportent eux même de quoi manger, ou participent au mariage en offrant de quoi fabriquer le repas, où toutes les bonnes volontés sont mises à contribution, ce qui a beaucoup choqué Nicole.

blog mariage

Et vous ? comment gérez vous les conventions ? c’est envisageable pour vous un mariage pique nique par exemple ? vous avez du mal à expliquer votre conception du mariage à votre famille ?