Dans la vraie vie, les mariées sont parfois pénibles

Parfois, je dis bien parfois, les futures mariés sont un peu excessives. Rien de très marqué, disons simplement qu’elle ont certaines idées bien arrêtées et qu’il est parfois, je dis bien parfois, un tout petit peu difficile de les détourner de leurs  envies. Mais il faut comprendre que…

Bon, ok, très souvent, une future mariée a des obsessions qui frisent la pathologie et elle tyrannise son entourage pendant des mois. Et d’ailleurs sachez-le, c’est uniquement pour ça que tout le monde  sourit autant dans les mariages : parce que les proches savent que la fin de leurs souffrances est proche.

Prenons une mariée totalement au hasard, une mariée qui aurait décidé de faire pousser du blé pour décorer ses tables le jour de son mariage. Non, ce n’est pas tout à fait exact. Disons qu’ ELLE.VEUT.FAIRE. POUSSER. DU. BLE. Vous saisissez la nuance ? Elle commande des moules en bois, les repeint car leur teinte est un dixième en dessous de celle qu’elle voulait,  les prépare tous chez ses parents, découpe ses éprouvettes et son pouce, remplit ses moules, trouve qu’il n’y a pas assez de blé, va en racheter au prix de la truffe dans une boutique bio car bien sûr trop tard pour en recommander sur internet et étale tout le matériel sur la table du salon de ses parents, mobilisée donc pendant 15 jours, puis repart chez elle en laissant à sa  mère l’ordre de mission suivant : arrosage 1 fois par jour et surveillance étroite. Non, pardon ARROSAGE UNE FOIS PAR JOUR ET SURVEILLANCE ETROITE. Voilà qui est plus juste.

Le début de l’opération doit en effet se dérouler sans la future mariée, encore retenue à son travail dans sa propre ville. Au début, elle ne se méfie pas car les essais ont été très faciles à réaliser, le blé a poussé tout seul. Mais au bout de trois jours d’insouciance, alors qu’il n’en reste plus que 7 pour que ça ait poussé, coup de fil dramatique : le blé ne pousse pas.

Comment ça, il  pousse pas ??

Ben non, il  pousse pas.

La future mariée refoule ses larmes et reprend calmement : « MAIS COMMENT CA, B***** DE **** DE **!!! , LE BLE POUSSE PAS ???? ».

Bon, peu importe le volume sonore, la réponse ne change pas, ce %!!?! » »%!! de blé trouve apparemment que c’est le moment de se faire remarquer. Nouvelles consignes : arrosage 2 fois par jour et maintien humide avec un vaporisateur si nécessaire. Et surveillance renforcée. Le soldat Ryan Sa mère s’exécute, sentant peser sur ses épaules la menace d’avoir fait foirer 50% de la déco prévue pour les tables. Elle en perd le sommeil, dort allongée à côté de sa table basse, passe de la musique classique (paraît que ça fait pousser les plantes), parle doucement aux grains, les berce.

Enfin, les pousses commencent à sortir.

Quand la mariée arrive sur le champ de bataille chez ses parents (quelques jours avant le jour J, histoire d’avoir le temps de tyranniser son entourage en direct), elle découvre des touffes de blé éparses, certaines de 3 cm, d’autre de 1 ou de 6. Ses moules chéris, qu’elle a imaginés, cherchés, commandés, repeints, fantasmés depuis 8 mois ressemblent à un terrain de golf grec fin août. Autant vous dire qu’on est loin du champ de blé en herbe intinialement prévu.

Après un conseil de famille de 2h, la mariée décide de monter un hôpital de campagne : tous les moules sont transportés sur la terrasse pour profiter du peu de soleil de ce mois d’août un peu pourri, et installés sous des tunnels à salades, sensés les abriter et leur donner la chaleur nécessaire à la pousse. Tic Tac Tic Tac, il reste 4 jours et l’heure est grave. La survie de la déco en dépend et par voie de conséquence celle de la mariée. Car l’équation est simple : pas de blé = pas de mariage. Peu importe les faire-parts, le traiteur, les 100 invités qui ont tous acheté un costume et un billet de train, le blé est LE truc auquel elle pense depuis huit mois, s’il n’y a pas de blé, il n’y aura pas de mariée, le Groom n’aura qu’à se marier tout seul, elle, elle ne viendra pas.

Dès lors la famille entière retient son souffle et va jeter un oeil en cachette toute les deux heures pour voir l’évolution des évènements. La future mariée, elle, croit voir le blé pousser à l’oeil nu, elle reste les yeux ecarquillés pendant des heure, la bave aux lèvres, criant « je le vois pousser ! je le vois pousser ! » La famille s’inquiète, on pense appeler le médecin, on la traîne de force dans son lit, on la nourrit en intraveineuse et finalement, le miracle se produit : le blé se met à pousser.

Le jour J, quasiment tous les moules auront pu être utilisés.

Bilan : une mariée heureuse, une famille traumatisée, une table basse ruinée. Mais  il y aura eu du blé au mariage et c’est quand même bien ça le plus important, non ?

* bien évidemment, toute ressemblance frappante avec des personnages existant ou ayant éxisté serait totalement fortuite.

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18 réflexions au sujet de « Dans la vraie vie, les mariées sont parfois pénibles »

  1. roo j’adoooore je suis morte de rire! c’est vrai qu’on peut être un peu excessive parfois mais juste un peu!!! il faut que ce soit parfait donc on se met un peu voire beaucoup de pression mais au final…..! enfin perso j’espère que ça ira!!! TRès bon article. de bon matin ça fait du bien

    • Nous sommes bien d’accord, Cécile, tout cela est trèèès exagéré et je suis bien certaine qu’aucuuune mariée n’est jamais au grand jamais aussi pénible, bien sûr 😉
      Bienvenue à toi et merci de ton commentaire !

  2. AAAAAAAAAAAAAAhhhhhhhhhh!! merci j’ai bien ri!!!!!!!

    moi c’est des bougies que je cherche désespérément au point de saouler tout le monde!! il faut qu’elle soit larges mais pas trop hautes, d’un diamètre d’environ 3/4 d’un CD (enviropn 😉 et en plus je les veux blanches! Simple me direz-vous? et non! blanches ne veut pas dire naturelles et c’est là toute la difficulté…… bref, si vous voulez m’aider à moins passer pour une folle,donner des idées… :)

  3. Morte de rire en lisant ce billet… Je suis en train de faire presque la même chose à mon papa (sauf que je le stresse un peu moins). On fait pousser vingt petits chênes en pot pour décorer les tables. Pour les faire pousser, on les a mis sous serre, et on les appelle Arsène (le chêne, ah, ah, ah). Ils germent, mais rien n’est encore sorti de terre. J’appelle mes parents sept fois par jour pour leur demander des nouvelles… des chênes.

    • Ah ah ah, je vois qu’il y a du potentiel de bridezilla par ici !! 😉
      Le chêne c’est autrement plus compliqué que le blé, tu risques d’en avoir des minus, des grands, des feuillus, des pelés…
      Tu en as planté combien pour en avoir 20 au final ? le double ??

  4. génial!!!! jusqu’ici (et uniquement parce que je n’en suis pas ENCORE à ce stade, les obsessions déco que je lis sur les blogs me faisaient doucement sourire: genre, « je pense bien que moi je n’irai pas à me tracasser jusque là, il y a des choses plus importantes dans la vie, non? », ou peut être était ce plutôt: « oups je sens que je tombe aussi dans ce t état second…naaaaannnnnnnn pas moi quand même »…en tout cas ce post me transporte de sympathie et d’empathie envers la future obsédée du détail que je ne saurai tarder à être!!!! merci de la dé-culpabilisation préventive!!!!!!!!!!

  5. Ping : DIY : déco « gazon fleuri » |

  6. bonjour,
    moi aussi j’ai tout de suite pensé à ça pour la déco et le blé a l’air effectivement la meilleure solution… tu pourrais me dire où tu en as acheté ? j’ai un peu de mal à trouver…
    merci

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